Interdiction des sacs plastique au 1er juillet: cinq questions autour d’une mort annoncée

Interdiction des sacs plastique au 1er juillet: cinq questions autour d’une mort annoncée

Interdiction des sacs plastique au 1er juillet: cinq questions autour d’une mort annoncée

C’est une mesure aux airs d’arlésienne qui va entrer en vigueur au 1er juillet prochain. Le décret instituant l’interdiction de distribuer aux caisses des sacs en plastique à usage unique, mesure prévue par la loi sur la transition énergétique votée en août 2015, a été publié au Journal officiel ce jeudi.

sac plastique
Sont concernés les sacs d’une épaisseur inférieure à 50 micromètres, sans considération de volume, gratuits ou payants.

Pourquoi l’idée a-t-elle un goût de déjà-vu ?

Cette interdiction devait à l’origine entrer en vigueur le 1er janvier. Mais le décret n’avait pas été publiéla Commission européenne réclamait des précisions à la France « au regard des règles du marché unique européen », notamment à propos de la taille, du poids et du type de sacs concernés. La ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait ensuite annoncé début février qu’elle s’appliquerait finalement à partir de juillet.

Et le sujet n’est pas neuf. Dès 2003, une réflexion avait été entamée avec les professionnels du secteur. Les représentants de la grande distribution avaient alors signé un accord volontaire pour diminuer l’utilisation des poches plastique à usage unique. Au fil des ans, elles deviennent payantes et les sacs réutilisables ou en tissu se répandent.

Quel est son objectif ?

Le constat : quelque 5 milliards de sacs en plastique à usage unique sont distribués en caisse chaque année, et 12 milliards consommés pour d’autres usages en-dehors des caisses. L’objectif ? « Réduire les impacts environnementaux considérables liés à la production et la distribution de ces sacs », souligne le ministère, qui pointe que 75 % des déchets abandonnés en mer sont en plastique. Les sacs en plastique non biodégradables mettent plusieurs centaines d’années à se dégrader, et sont ingérés par les animaux marins et les oiseaux. Ainsi, 86 % des espèces de tortues marines les ingèrent en les confondant avec des méduses.

schéma dégradation déchet

Quels seront les sacs concernés ?

À partir du 1er juillet, la distribution aux caisses des supermarchés et autres commerces de sacs en plastique à usage unique sera interdite. Sont concernés les sacs d’une épaisseur inférieure à 50 micromètres, sans considération de volume, gratuits ou payants. La mesure s’applique à tous les commerces : alimentation spécialisée (boulangeries, boucheries, etc.), petites et grandes surfaces, stations-service, pharmacies, marchés couverts et de plein air, etc.

Qu’aura-t-on à la place ?

Si les commerçants proposent des sacs à usage unique, ils devront être « biosourcés ».Comprenez fabriqués à partir de matière végétale, amidon de pomme de terre, maïs… Au départ, la teneur minimale en matières « biosourcées » sera de 30 % pour aller jusqu’à 60 % à l’horizon 2025.

Et sinon, il y aura toujours les sacs réutilisables, qu’ils soient en plastique, en papier kraft ou en tissu. Selon un sondage pour Direct Matin datant de mars 2015, 93% des Français utilisent déjà « souvent, toujours, ou presque toujours » un sac réutilisable pour faire leurs courses.

Pourquoi n’est-ce qu’un début ?

Le 1er janvier 2017, l’interdiction devrait être étendue aux sacs en plastique pour l’emballage de produits alimentaires (fruits, légumes, fromage…). Ils devront être remplacés par des sacs compostables et faits à partir de matières biosourcées (pomme de terre, maïs…). Même traitement pour les emballages de presse et les catalogues («blister»), à une exception près : les collectivités locales et l’administration fiscale seront exemptés.

Puis, en 2020, c’est la vaisselle jetable en plastique de nos barbecues qui devrait être sur la sellette…

Source : La Voix du Nord