Emballage alimentaire écologique: quelles solutions pour les professionnels en France et en Suisse romande?
Papier à la place du plastique, film compostable, boîte réutilisable ? Que vous emballiez du fromage à la coupe, livriez des repas au frais ou prépariez des caisses de fruits et légumes, la question est la même : quel emballage alimentaire écologique choisir, et sur quelle base ? La réponse honnête tient en une phrase : un emballage n’est écologique que si ce qui lui arrive après usage l’est aussi. Et sur ce point, la France et la Suisse ont des règles précises.
Ce guide explique les termes, compare les solutions d’emballage écologique par usage, rappelle ce que dit la loi en 2026 et donne une liste de vérification pour vos achats. Chaque règle citée est sourcée ; les sources figurent en fin d’article.
En bref
- Le meilleur emballage est celui qu’on évite, puis celui qu’on réutilise. En France, les restaurants d’au moins 20 couverts servent depuis le 1er janvier 2023 les repas et boissons consommés sur place dans de la vaisselle réutilisable.
- En France, la mention « biodégradable » est interdite sur les produits et emballages (loi AGEC), et un emballage plastique ne peut être dit « compostable » que s’il l’est aussi en compostage domestique. La norme de référence reste EN 13432 – la norme européenne de compostabilité industrielle.
- Un emballage compostable ne va pas dans le bac à biodéchets en France. L’arrêté du 15 mars 2022 n’autorise que certains sacs et quelques déchets en papier ; l’ADEME recommande de jeter les emballages, même compostables, dans le bac jaune.
- La Suisse adopte une nouvelle ordonnance sur les emballages, en vigueur début 2027 : emballages aussi recyclables que possible, objectifs de valorisation chiffrés, avec des échéances de 2030 à 2032 selon le SVI.
- Le bon choix se fait donc usage par usage : réutilisable pour la livraison et la logistique, papier sans plastique pour la coupe, compostable certifié là où l’emballage est souillé et difficile à recycler.
Qu’est-ce qu’un emballage écologique ?
Un emballage écologique – on dit aussi emballage durable ou éco-responsable – protège l’aliment avec le moins de matière et d’impact possible, sur tout son cycle de vie : matière première, fabrication, transport, usage et fin de vie. Aucun de ces mots n’est un label. Pour juger un emballage, trois questions suffisent :
- Est-il nécessaire ? Le suremballage n’est jamais écologique.
- Peut-il être réutilisé ou recyclé là où il sera jeté ? Un emballage recyclable en théorie mais sans filière locale finit incinéré.
- Ses promesses sont-elles prouvées ? Un numéro de certificat, une norme et une traçabilité valent mieux qu’un logo vert.
N’oublions pas la fonction première : conserver. Un emballage qui fait perdre des aliments n’est pas écologique, quelle que soit sa matière.
Emballage biodégradable, compostable, recyclable : que veulent dire ces mots ?
Beaucoup d’acheteurs cherchent un « emballage biodégradable ». Le mot pose deux problèmes.
D’abord, il ne dit rien de la durée ni des conditions de dégradation. Ensuite, en France, la loi AGEC interdit d’apposer la mention « biodégradable » – comme « respectueux de l’environnement » ou toute mention équivalente – sur un produit ou un emballage (article L541-9-1 du Code de l’environnement). Le même article encadre « compostable » : un produit ou emballage en plastique compostable uniquement en installation industrielle ne peut pas porter cette mention, et un plastique compostable doit porter la mention « Ne pas jeter dans la nature ». Un fournisseur qui vend un « emballage biodégradable » en France s’expose donc à un problème de conformité.
L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) fait la même distinction en Suisse : un bioplastique peut être « biosourcé » (fabriqué à partir de ressources renouvelables) ou « biodégradable / compostable » – et tous les bioplastiques ne sont pas réellement biodégradables.
| Terme | Ce qu’il dit | Ce qu’il ne dit pas |
|---|---|---|
| Biosourcé | L’origine de la matière (végétale, renouvelable) | Rien sur la fin de vie |
| Biodégradable | Que des micro-organismes finiront par dégrader la matière | Ni en combien de temps, ni où ; mention interdite sur les emballages en France |
| Compostable EN 13432 | Que la matière se désintègre et se biodégrade en installation de compostage industriel, dans des délais fixés | Que votre collectivité l’accepte avec les biodéchets ; pour un plastique, la mention « compostable » exige en France la compostabilité domestique |
| OK compost HOME | Que la matière est testée pour le compostage domestique, plus froid | Qu’elle peut aller dans toute collecte |
| Recyclable | Qu’une filière de recyclage existe pour ce matériau | Que l’emballage sera effectivement trié et recyclé |
Pour aller plus loin : Compostable ou biodégradable : quelle différence ? et EN 13432 et EN 17427 : ce que signifient ces certifications.
Quel est l’emballage le plus écologique ?
Il n’existe pas de classement par matière. Il existe en revanche un ordre de priorité, que les autorités françaises et suisses appliquent :
- Éviter. Aucun emballage vaut mieux que le meilleur emballage.
- Réutiliser. L’OFEV cite une étude d’écobilan menée pour l’EURO 2008, commandée par les ministères de l’environnement allemand et autrichien et par l’OFEV : les gobelets réutilisables sont beaucoup plus écologiques que leurs équivalents jetables.
- Recycler – à condition que la filière existe. En Suisse, la collecte du papier et du carton est gratuite partout, selon l’OFEV. En France, tous les emballages se trient dans le bac jaune.
- Composter – là où l’emballage finit de toute façon avec les déchets alimentaires. L’OFEV recommande de ne présenter comme « compostables » que les produits qui ont de fortes chances de finir dans les déchets verts, et d’y être souhaités.
La même étude EURO 2008 montre d’ailleurs que les gobelets jetables compostables, fabriqués à partir de matières renouvelables, ne sont pas plus favorables à l’environnement que les jetables classiques. L’ADEME va dans le même sens : composter un emballage plastique n’est pas du recyclage, et un emballage compostable n’est pas une réponse à la pollution plastique dans la nature. Le compostable ne remplace pas le réutilisable ; il le complète là où le jetable est inévitable.
Solutions d’emballage écologique : exemples par usage
Les exemples ci-dessous viennent de notre gamme d’emballages alimentaires compostables ; les caractéristiques sont celles des fiches produit.
| Usage | Solution | Pourquoi | Fin de vie |
|---|---|---|---|
| Fromage, charcuterie, viande à la coupe | Papier à barrière d’huile végétale (PaperLeaf, PaperBag) | Anti-gras et anti-humidité sans enduction plastique | Recyclable et compostable selon le fabricant ; suivre les consignes locales |
| Film alimentaire en cuisine et en production | Film étirable alimentaire compostable | Remplace le film en plastique d’origine fossile | En France : bac jaune, pas les biodéchets |
| Garniture de caisses IFCO | Sac de caisse IFCO compostable | Réduit le plastique à usage unique sur la ligne de production | Selon votre site et votre prestataire |
| Livraison au frais, dernier kilomètre | IFoodBag en papier | Isolation en papier plutôt qu’en mousse plastique ; entièrement recyclable selon le fabricant | Filière papier, suivre les consignes locales |
| Livraisons réfrigérées répétées | Alvobox 52 L / 151 L | Réutilisable pendant des années, empilable, lavable | Recyclable en fin d’usage |
Papier anti-gras sans plastique pour la coupe
Beaucoup de papiers « anti-gras » sont enduits de plastique, ce qui complique leur recyclage. L’alternative : un papier traité à l’huile végétale, qui forme une barrière naturelle contre le gras et l’humidité. Notre feuille PaperLeaf et notre sachet PaperBag sont conçus pour le fromage, la charcuterie et la viande. D’après les fiches produit, le papier est sans enduction plastique (la fenêtre optionnelle du sachet est en matériau compostable) ; les deux sont recyclables et compostables, certifiés PEFC et TÜV OK compost HOME, et fabriqués en Europe à partir de matières premières européennes. C’est un emballage alimentaire écologique personnalisé : jusqu’à huit couleurs, avec des encres sans métaux lourds. En format standard non imprimé, le PaperBag S (34 × 17,5 × 10,5 cm) se commande directement en ligne.
Film étirable compostable
Notre film étirable alimentaire compostable (440 mm × 250 m, 12 µm) est certifié TÜV OK compost INDUSTRIAL et OK compost HOME. Sa certification domestique compte en France : c’est la condition pour qu’un emballage plastique puisse porter la mention « compostable », accompagnée de « Ne pas jeter dans la nature ». Pour être précis vis-à-vis de vos clients : il remplace un film d’origine fossile, mais reste un bioplastique ; ce n’est donc pas un « emballage sans plastique ». En France, comme tout emballage, il se jette dans le bac jaune.
Emballage isotherme pour la livraison
Pour la livraison au frais, le papier et le réutilisable remplacent la glacière jetable en mousse plastique. L’IFoodBag est un sac isotherme en papier recyclable certifié FSC ; l’isolation est faite de papier recyclé finement divisé, entre deux parois anti-condensation. Il existe en 11, 15 et 25 litres. L’Alvobox est une boîte isotherme réutilisable en polypropylène expansé (EPP) pour le surgelé, le frais et le chaud : empilable, lavable en machine, réutilisable pendant des années puis recyclable. Selon la fiche produit, l’EPP répond aux exigences du règlement (UE) n° 10/2011 sur les matériaux au contact des denrées alimentaires.
Emballage sans plastique : ce qui est vraiment possible
« Emballage sans plastique » fait partie des recherches les plus fréquentes sur le sujet. Avant d’acheter, vérifiez trois points :
- La matière est-elle un plastique ? Les bioplastiques, même compostables, sont des plastiques. « Sans plastique » désigne le papier, le carton, le verre, le métal ou les fibres de bois.
- Le revêtement est-il un plastique ? Une enduction ou une fenêtre en plastique suffit à faire d’un emballage papier un emballage « avec plastique ».
- L’emballage protège-t-il l’aliment ? Gras, humidité et froid sont les points où le « sans plastique » échoue souvent. Le papier traité à l’huile végétale et l’isolation papier y répondent en partie.
D’autres pistes pour remplacer le plastique figurent dans notre article Remplacer le plastique en entreprise.
Après usage : où va l’emballage ?
C’est l’erreur la plus fréquente : « compostable » ne veut pas dire « va avec les biodéchets ».
France : les emballages compostables vont dans le bac jaune
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour tous. Mais l’arrêté du 15 mars 2022 liste de façon limitative ce qui peut être collecté avec eux : les sacs de collecte en papier-carton ou en plastique compostable en compostage domestique, les filtres à café et sachets de thé en papier, les essuie-tout, serviettes et mouchoirs en papier, et les capsules de café composées d’au moins 95 % de papier. Les emballages et déchets non listés ne peuvent pas être collectés avec les biodéchets – et, même pour les éléments listés, chaque collectivité fixe ses propres consignes. L’ADEME recommande de jeter les emballages en fin de vie dans le bac jaune, y compris ceux qui portent une mention « compostable ». Les sacs à biodéchets autorisés sont détaillés dans notre guide Sac compostable pour les biodéchets.
Suisse romande : la commune décide
En Suisse, la commune fixe ce qui peut aller avec les déchets verts, en fonction de l’installation de compostage ou de méthanisation. L’OFEV rappelle que tous les bioplastiques ne sont pas réellement biodégradables. Le papier et le carton sont collectés gratuitement partout ; les autres déchets d’emballages sont incinérés avec les ordures ménagères, avec récupération d’énergie.
Conséquence pour vos achats : réservez le compostable aux emballages qui seront souillés par des aliments et difficiles à recycler, et imprimez la bonne consigne de tri sur l’emballage.
Ce que dit la loi en 2026
France : la vaisselle réutilisable depuis 2023
Depuis le 1er janvier 2023, les établissements de restauration pouvant accueillir au moins 20 convives doivent servir les repas et boissons consommés sur place dans de la vaisselle réutilisable : gobelets, couvercles, assiettes, récipients et couverts. Selon le ministère de la Transition écologique, la restauration rapide est concernée, mais aussi les cafétérias et restaurants de musées, d’enceintes sportives, de gares, d’aéroports, ou encore d’entreprises et d’administrations. Pour la vente à emporter et la livraison, le jetable reste possible – d’où l’intérêt de choisir un jetable recyclable ou compostable certifié, et de passer au réutilisable pour la logistique.
France : ce que l’on peut écrire sur un emballage
L’article L541-9-1 du Code de l’environnement interdit d’apposer sur un produit ou un emballage les mentions « biodégradable », « respectueux de l’environnement » ou toute mention équivalente. Il réserve la mention « compostable » des plastiques à ceux qui sont compostables en compostage domestique, avec la mention obligatoire « Ne pas jeter dans la nature ». Vérifiez vos fiches produit, vos emballages imprimés et ceux de vos fournisseurs.
Suisse : nouvelle ordonnance sur les emballages dès 2027
Le Conseil fédéral a adopté le 24 juin 2026 une nouvelle ordonnance sur les emballages (VerpV). Applicable début 2027, elle remplace l’ordonnance sur les emballages pour boissons de 2000 et couvre désormais tous les emballages. Selon le Conseil fédéral :
- les emballages doivent être aussi recyclables que possible et contenir davantage de matière recyclée ;
- les emballages inutiles et les substances particulièrement préoccupantes doivent être évités ;
- les emballages en plastique devront être valorisés matière à au moins 55 %, les briques à boisson à au moins 70 % ;
- les fabricants et distributeurs d’emballages jetables en plastique doivent proposer des collectes séparées à leur clientèle.
D’après l’Institut suisse de l’emballage (SVI), les exigences de conception s’appliquent dès 2030, l’obligation de reprise dès 2031 et les objectifs de valorisation dès 2032.
Compostable, recyclable ou réutilisable : comment choisir
| Votre situation | Notre recommandation |
|---|---|
| L’emballage vous revient (livraison, logistique B2B) | Réutilisable, par exemple l’Alvobox |
| Jetable nécessaire, emballage propre après usage | Papier recyclable, par exemple l’IFoodBag ou nos sacs papier |
| Jetable, contact avec le gras ou l’humidité | Papier à barrière végétale, par exemple PaperLeaf |
| Film indispensable, souillé par les aliments | Film compostable certifié, avec une consigne de tri claire |
| Vous triez vos biodéchets | Sacs de collecte conformes aux règles locales |
Liste de vérification pour choisir un fournisseur d’emballage écologique
- Exigez un numéro de certificat. « Compostable » sans norme ne prouve rien. Selon le produit, nos références sont certifiées EN 13432, OK compost ou OK compost HOME ; nos papiers sont en plus certifiés PEFC ou FSC.
- Vérifiez l’aptitude au contact alimentaire. Demandez la déclaration de conformité.
- Vérifiez les encres. Pour un emballage personnalisé : des encres sans métaux lourds.
- Vérifiez l’origine et la traçabilité. Tous les produits BioApply sont fabriqués en Europe ; la chaîne d’approvisionnement est entièrement traçable par QR code (plateforme Respect Code).
- Vérifiez les mentions. Pour le marché français : ni « biodégradable » ni « respectueux de l’environnement » ; « compostable » uniquement pour un plastique compostable à domicile, avec « Ne pas jeter dans la nature ».
- Vérifiez la fin de vie locale. Interrogez votre collectivité ou votre prestataire avant une grosse commande.
- Étudiez le réutilisable d’abord, surtout pour la livraison et la logistique.
Vous voulez savoir quelle solution convient à votre activité ? Contactez-nous : nous vérifions votre usage et les règles de votre site avant votre commande.
Questions fréquentes
Quel est l’emballage alimentaire le plus écologique ?
Celui qu’on évite ou qu’on réutilise. Quand le jetable est nécessaire, un papier recyclable sans enduction plastique est un bon choix. Le compostable certifié se justifie quand l’emballage est souillé par des aliments.
Peut-on jeter un emballage compostable avec les biodéchets ?
En France, non : l’arrêté du 15 mars 2022 n’autorise que certains sacs et déchets en papier, et l’ADEME recommande le bac jaune pour tous les emballages. En Suisse, la commune décide.
Peut-on encore vendre un « emballage biodégradable » en France ?
Non : la mention « biodégradable » est interdite sur les produits et emballages en France (article L541-9-1 du Code de l’environnement). Pour un emballage plastique, la mention « compostable » n’est permise que s’il est compostable à domicile, et doit être accompagnée de « Ne pas jeter dans la nature ». Indiquez la certification et son numéro.
Le papier est-il toujours plus écologique que le plastique ?
Pas automatiquement. Tout dépend de l’enduction, du poids, de la filière de recyclage locale et de la protection de l’aliment. Un papier enduit de plastique se recycle mal ; un papier traité à l’huile végétale évite ce problème.
Peut-on personnaliser un emballage écologique avec son logo ?
Oui. Tous les produits BioApply sont personnalisables à vos couleurs – par exemple PaperLeaf, PaperBag, IFoodBag et Alvobox. Sur les matériaux compostables, nous imprimons avec des encres sans métaux lourds.
À propos de BioApply
Depuis 2006, BioApply conçoit des emballages compostables et durables pour les entreprises. Siège à Lausanne, bureau à Lisbonne. Tous nos produits sont fabriqués en Europe, sans polyéthylène, sans OGM, avec des encres sans métaux lourds, et personnalisables à votre image.
Sources
- Conseil fédéral / OFEV : Le Conseil fédéral renforce le recyclage des emballages et des déchets (communiqué, 24.06.2026)
- Institut suisse de l’emballage SVI : Nouvelle réglementation sur les emballages (26.06.2026)
- OFEV : Emballages (écobilan EURO 2008, filières d’élimination)
- OFEV : Bioplastiques
- Ministère de la Transition écologique : Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire
- Légifrance : Article L541-9-1 du Code de l’environnement
- Légifrance : Arrêté du 15 mars 2022 listant les emballages et déchets pouvant faire l’objet d’une collecte conjointe avec des biodéchets
- ADEME : Avis – Les limites des emballages en plastique compostables