Pregny-Chambésy lèvera les déchets de cuisine

Pregny-Chambésy lèvera les déchets de cuisine

Pregny-Chambésy lèvera les déchets de cuisine

Après un test positif l’été passé, l’Etat veut généraliser le tri des ordures organiques dans l’ensemble du canton.

Une petite corbeille aérée ou un grand bidon bleu – selon la taille du logement – avec un rouleau de sacs compostables et un guide d’utilisation. C’est le kit que la Commune de Pregny-Chambésy a distribué cette semaine aux 1300 ménages qui vivent sur son territoire. Objectif: inciter les habitants à trier leurs déchets de cuisine, qui représentent encore aujourd’hui plus d’un tiers des poubelles genevoises. La première levée hebdomadaire est fixée le 13 avril.

Elaboré avec l’Etat, ce projet pilote constitue la première étape d’un dispositif qui devrait être étendu à l’ensemble du territoire cantonal dès cet automne. Afin d’échapper à la taxe au sac, le Conseil d’Etat a adopté l’année passée un plan de gestion des déchets qui fixe comme «objectif prioritaire» de valoriser 50% – contre 46% aujourd’hui – des déchets urbains d’ici à fin 2017.

Pour y parvenir, le Canton mise sur le tri des ordures compostables. C’est là que réside la plus grande marge de progression selon les résultats des analyses de la composition de nos poubelles. Le hic: beaucoup de gens sont réfractaires aux sacs verts en raison de la mauvaise odeur qui s’en dégage…

L’été dernier, l’Etat a donc décidé de tester un nouveau kit auprès de 8000 ménages. Les bacs distribués présentaient alors de petits trous censés permettre la déshydratation des déchets organiques et donc le ralentissement de leur décomposition. Après quatre mois d’utilisation, les foyers sélectionnés étaient invités à donner leur avis sur ce nouvel outil. «Les retours ont été très encourageants, résume Jacques Martelain, le directeur du Service de géologie, sols et déchets. Nous nous sommes ainsi rendu compte que si nous proposions une solution adéquate, les gens étaient prêts à faire l’effort.»

Fort de ce constat, l’Etat travaille aujourd’hui à généraliser le système à l’ensemble de la population. Mais la tâche n’est pas aisée, l’instauration de nouvelles levées hebdomadaires nécessite une importante logistique tant pour les régies que pour les communes. Elle remet également en question la fréquence de la collecte des ordures ménagères. «S’il n’y a plus de déchets organiques dans les sacs noirs, nous pouvons espacer les ramassages», note Jacques Martelain.

Ce nouveau dispositif ne devrait pas à terme coûter davantage aux municipalités. «La méthanisation d’une tonne de déchets de cuisine coûte moins cher que l’élimination d’une tonne d’ordure ménagère, relève Philippe Schwarm, maire de Pregny-Chambésy. Nous espérons que l’argent ainsi économisé compensera le prix de la levée.» (TDG)

Source : Tribune de Genève