Interview de Frederic Mauch

Interview de Frederic Mauch

Interview de Frederic Mauch

Cette interview a été réalisée pour les 10 ans de BioApply. Frederic Mauch revient sur l’histoire de la société qu’il a fondé, puis nous livre les perspectives de l’entreprise.

Quelles sont les racines de BioApply, son histoire ?

L’idée est venue en 2005, en travaillant dans les articles de mode (textile et chaussures) produits en Asie à partir de plastiques ou déchets de plastiques. Ces produits avaient une utilisation très courte mais un impact environnemental très important. Une fois consommés, ils étaient au mieux incinérés, au pire jetés dans la nature. Dans tous les cas la pollution de l’environnement est forte.
C’est de ce non-sens, où des produits d’utilisation courte polluent autant l’environnement, qu’est né BioApply en 2006. L’idée est de développer des produits d’utilisation courte et respectueux de l’environnement sur deux niveaux : les ressources et leur comportement en fin de vie.Le sac compostable est alors devenu le cœur de métier de BioApply. La gamme des produits s’est étendue : sac à double usage, sac réutilisable, sac poubelle ; mais au-delà d’un sac, Bioapply apporte des solutions complètes. Par exemple nous sommes fiers d’accompagner Genève dans sa volonté d’améliorer le tri des déchets organiques.

Quels sont les objectifs de BioApply à court-terme, moyen-terme et long-terme ?

L’objectif est de toujours garder notre culture d’entreprise Start-Up : remise en question et recherche permanente de nouvelles solutions. BioApply veut rester dynamique en ayant la volonté de toujours devancer les concurrents.
Notre vision à court-terme est d’abord le marché français en 2016. Il est tout nouveau, avec l’arrivée du nouveau décret favorable à l’utilisation des sacs compostables. Ce marché est très concurrentiel mais notre expérience, notre savoir-faire, notre connaissance des matières les plus innovantes nous différencient des concurrents.
Ensuite le lancement de nouveaux produits pour la Suisse est l’autre objectif à court-terme. Par exemple l’Edelbag est le premier sac biodégradable d’origine végétale destiné au marché du luxe, ou l’arrivée prochaine du Babag qui est un sac réutilisable produit à partir de déchet de bois d’origine européenne, concurrent direct du sac en coton ou en plastique recyclé.
Notre objectif à moyen-terme est d’augmenter le nombre de nos collaborateurs internes et notre chiffre d’affaire. Nous voulons acquérir une maturité tout en gardant notre culture et façon de penser « Start-Up ».
Concernant le long-terme, le marché tend vers la dématérialisation des solutions. Il y aura donc plus de services : quantification de l’économie de déchets non-triés, de production d’humus et d’énergie verte ; matières permettant davantage de dématérialisation, nouveaux design pour optimiser le confort lors des courses, d’autre façon de porter les choses ou une autre façon de gérer les déchets … On attend également de fortes innovations dans les sacs réutilisables.

Logo Migros
Logo Rip Curl
Logo de Swiss Airlines
Quels sont les clients de BioApply après 10 ans d’existence ?

Aujourd’hui BioApply compte environ 200 clients, qui sont tous importants pour nous. Cela va de la petite épicerie qui commande 1 000 sacs aux acteurs de la grande distribution qui en commandent 5 à 10 millions. La capacité de répondre à des clients qui sont totalement différents est une force de BioApply. Nous travaillons notamment en collaboration avec Migros Vaud, Migros Bund, LeShop, Bio Suisse, Swiss Airlines, Pharmacie Plus, le canton de Genève, … pour ce qui est de la Suisse. Concernant la France nous avons par exemple Rip Curl, Uriage, la Mie Câline, … et nous essayons de proposer nos solutions compostables aux grands groupes du marché français, notamment avec le décret interdisant les sacs plastiques.

Quelles sont les autres formes de mobilisations de BioApply ?

Historiquement nous sommes mobilisés contre le plastique, c’est le fondement même de BioApply. Notre objectif est de faire disparaitre le plastique totalement. Nous avons cofondé le groupe d’intérêt STOPPP (Stop Plastic Pollution Switzerland), qui rassemble déjà plus de 100 membres, 6 mois après son lancement. STOPPP est engagé sur trois fronts : Politique, avec un lobbying actif et faisant face au lobby plastique ; Education, avec des actions de sensibilisation, de nettoyage et intervention dans les écoles ; Recherche, avec l’évaluation scientifique de l’impact du plastique et micro plastique en Suisse.
Nous avons lancé une autre initiative sur les réseaux sociaux avec le hashtag #shootplastic (Instagram, Twitter et Facebook). Le principe est de mettre en évidence la pollution plastique environnante. Il suffit de prendre en photo le déchet, de le géolocaliser, de le partager sur les réseaux sociaux avec le hashtag puis déposer le déchet à l’endroit approprié.
La mission de BioApply est toujours plus pertinente dans un contexte où la pollution plastique est toujours plus présente avec une influence sur la faune, la flore et la santé. Le point positif est qu’il y a une réelle volonté en Suisse ou chez nos voisins comme la France, d’adopter des solutions alternatives avec des produits d’origine végétale, biodégradable et compostable.