269’000 tonnes de plastique dans les mers et océans!

269’000 tonnes de plastique dans les mers et océans!

269’000 tonnes de plastique dans les mers et océans!

269'000 tonnes de plastique dans les mers et océans!

La pollution par le plastique des côtes

Photo: AllTheContent / Alain Bachellier / CC

Une étude publiée dans la revue scientifique Plos One, en décembre 2014, fait un constat alarmant, sur la pollution au plastique dans le monde.

Menée par Markus Eriksen de l’Institut Five Gyres de Los Angeles, l’étude réunit 9 chercheurs autour de la question de la pollution par le plastique dans les océans. L’objectif était de déterminer l’influence du plastique sur l’environnement marin et océanique et ses conséquences sur l’écosystème marin et l’être humain.

Déroulement de l’étude

L’étude s’est basée sur 24 expéditions dans 1571 lieux des cinq bassins océaniques, entre 2007 et 2013. Elle a permis un chiffrage des matières plastiques présentes dans les océans, en termes de poids et de nombre de particules. A partir de ces expéditions et des relevés réalisés, les chercheurs ont réussi à évaluer la pollution totale.

Résultats de l’étude

Selon l’étude, l’importante masse de plastique présente dans les mers et océans vient des rivières, des eaux du littoral et des bateaux, le vent contribuant dans une large part à sa dispersion.

Si les littoraux et côtes sont principalement pollués par des matières plastiques de taille importante, les plus petites particules de plastique, inférieures à 5 mm de diamètre, représentent 90% de la totalité des polluants plastiques. En effet, au contact de l’eau, des courants, de la radiation solaire et de l’écosystème marin, les matières plastiques initialement de taille plus importante sont réduites en poussière mais ne disparaissent pas.

Les particules sont rassemblées au centre de gyres océaniques, courants centrifuges. Il en existe 5: deux dans l’océan Atlantique, deux dans l’océan Pacifique et le dernier dans l’océan Indien; les plaques de déchets se trouvent dans leur centre. Le plus important d’entre eux représente 3,4 millions de km2 et se trouve dans le Pacifique nord. Il est possible de consulter la carte récapitulative.

Les eaux proches des zones polaires contenaient également des matières plastiques.

Avec de tels résultats, leur conclusion est, bien sûr, sans appel, il est impossible d’éviter aux animaux marins l’ingestion de matières plastiques. Ainsi, au-delà des conséquences évidentes et d’ores et déjà connues que cela peut avoir sur leur santé, leur organisme, et même leur survie, l’étude rappelle que l’homme, s’il se nourrit d’animaux marins ayant ingéré des matières plastiques, risque de consommer des matières toxiques, résidus des plastiques préalablement ingérés.

Les résultats, chiffres et éléments clefs

  • 5,25 mille milliards de particules plastiques éparpillées dans les océans qui représentent 268’940 tonnes de déchets plastiques;
  • Les particules de plastique trouvées varient de 4,75 millimètres de diamètre à 200 millimètres environ;
  • Les particules plastiques prélevées se trouvaient “en suspension à la surface et jusqu’à 30 mètres de profondeur”;
  • Les hémisphères nord et sud sont autant pollués l’un que l’autre, malgré une population et une industrialisation inégale;
  • Absolument tous les échantillons prélevés comportaient des matières plastiques;
  • Le chiffre avancé ne prend en aucun cas en compte des matières plastiques qui seraient présentes plus profondément dans les eaux;
  • Pour une population de 7,2 milliards de personnes dans le monde, il s’agit de 700 pièces plastiques par personne;
  • Les océans représentent 70% de la surface planétaire et sont une véritable “décharge à ciel ouvert”.

En conclusion de l’étude

Les chercheurs sont volontairement alarmistes, car aujourd’hui déjà, les conséquences sur la population et l’écosystème marin sont trop importantes, notamment en matière de conservation d’espèces marines menacées.

De plus, la quantité de plastique produite chaque année se situe autour de 288 millions de tonnes. Ainsi, l’évaluation des déchets aujourd’hui apportée par cette équipe de scientifiques montre qu’une grande partie des déchets se trouverait dans les fonds océaniques, notamment les plus petites particules.

Il existe, enfin, un véritable danger sanitaire, puisque ces matières plastiques sont susceptibles de transporter bactéries et autres agents pathogènes.